Vous êtes en pleine réunion, dans l’open-space, ou au milieu des rayons d’un supermarché bondé. Vos collègues discutent autour de vous, la musique de fond joue doucement, les gens rient. Tout est parfaitement normal.
Mais à l’intérieur de vous, c’est un véritable séisme.
Votre cœur cogne contre vos côtes à s’en briser. Vous avez l’impression que vous n’arrivez plus à inspirer l’air jusqu’au fond de vos poumons. Vous êtes pris de vertiges, la lumière vous agresse, et une petite voix hurle dans votre tête : « Je vais m’évanouir, je vais mourir, il faut que je fuie. »
Pourtant, vu de l’extérieur, il ne se passe rien. Vous continuez à hocher la tête quand un collègue vous parle. Vous gardez un visage neutre. Vous n’avez pas de crise de larmes spectaculaire, vous ne tombez pas par terre. Vous êtes en train de vivre une crise de panique foudroyante, mais personne ne le voit. C’est ce qu’on appelle la crise d’angoisse silencieuse (ou High-Functioning Anxiety), et c’est l’une des expériences les plus épuisantes qui soient.
Pourquoi votre crise ne se voit-elle pas ?
Quand on parle de crise de panique, la culture populaire nous a habitués à l’image d’une personne qui crie, s’agite, hyperventile bruyamment ou respire dans un sac en papier.
Mais le système nerveux humain a plusieurs façons de réagir face à un danger extrême (vrai ou perçu). On connaît bien le mode « Lutte » (la colère) ou le mode « Fuite » (la panique visible). Mais il existe une troisième réaction biologique primordiale : le mode « Figement » (Freeze).
Face à l’intensité de la terreur interne et à la peur absolue de « faire un scandale » ou de paraître fou en public, votre cerveau ordonne à votre corps de se figer. C’est le réflexe du lapin pris dans les phares d’une voiture.
- Vous internalisez 100% des symptômes.
- Vous pratiquez la « micro-hyperventilation » (une respiration très courte et silencieuse bloquée dans le haut du thorax).
- Vous dissociez pour survivre à la scène.
La dépersonnalisation : L’impression d’être dans un jeu vidéo
Le symptôme le plus terrifiant de cette crise silencieuse n’est souvent pas le rythme cardiaque, mais un trouble cognitif très particulier : la dépersonnalisation ou la déréalisation.
Parce que le cerveau est inondé d’adrénaline et qu’il ne peut pas fuir physiquement la réunion ou le supermarché, il fuit « mentalement ». Soudain, vous avez l’impression d’être détaché(e) de votre propre corps. Les voix de vos collègues semblent lointaines ou étouffées, comme si vous aviez la tête sous l’eau. Les lumières deviennent artificielles, comme dans un rêve ou un jeu vidéo. Vous avez la sensation que vous n’êtes plus vraiment là.

Ce n’est pas de la folie. C’est simplement l’anesthésie d’urgence de votre cerveau.
L’épuisement du « crash » une fois rentré chez soi
Le drame de la crise silencieuse, c’est l’invalidité du regard des autres. Puisque vous avez l’air « normal » ou simplement un peu « dans la lune », personne ne vient vous secourir, vous rassurer ou vous proposer un verre d’eau.
Maintenir cette façade de normalité (hocher la tête, sourire faiblement) pendant que votre corps est persuadé d’être en danger de mort brûle une quantité de glucose et d’énergie monumentale. C’est pourquoi, une fois la crise passée et que vous rentrez enfin chez vous, vous vous effondrez. Le « crash » physique est total. Vous pouvez dormir pendant des heures, épuisé par le combat invisible que vous venez de mener.
Comment s’ancrer dans le réel ?
Quand vous sentez que votre esprit commence à flotter et que la crise silencieuse monte en public, votre priorité absolue est de dire à votre système nerveux que vous êtes en sécurité, sans forcément attirer l’attention.

Utilisez la technique d’ancrage « 5-4-3-2-1 », très discrète :
- Regardez autour de vous et identifiez (dans votre tête) 5 choses que vous pouvez voir (la cravate du collègue, la plante verte, l’écran).
- Identifiez 4 choses que vous pouvez toucher (le tissu de votre pantalon, le froid de la table, votre stylo). Concentrez-vous sur la texture.
- Écoutez 3 sons distincts (le bruit de la clim, un clavier, des pas).
- Identifiez 2 odeurs (le café, un parfum).
- Identifiez 1 goût dans votre bouche.
Cette sollicitation des 5 sens force le cortex préfrontal à se rallumer et court-circuite l’amygdale (la zone de panique).
Il est très difficile d’expliquer ces crises invisibles à son entourage, qui a souvent du mal à comprendre une douleur qui ne se voit pas. Pour ne plus porter ce fardeau en silence, commencez par le déposer auprès d’une oreille neutre. Helena, l’intelligence artificielle de MAI.PSY, connaît les mécanismes de l’anxiété silencieuse et de la déréalisation. En discutant avec elle après un épisode de panique, vous validez enfin ce que vous avez traversé. Elle vous aide à décrypter les déclencheurs de ces crises invisibles et à faire le point sur votre santé mentale, en toute discrétion.
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